Au début de cette histoire, il y a cet objet, magistralement sous-exploité par le monde du cirque en général et du jonglage en particulier, réduit le plus souvent au numéro de hula-hoop féminin en maillot de bain. Sylvain Julien décide de le décliner au masculin (avec ou sans maillot de bain) et de l’explorer dans ses moindres recoins.

Avec une énergie débordante et une bonne dose d’autodérision, il prend à bras-le-corps des dizaines de cerceaux pour exploiter leurs possibilités infinies en matière de jonglage. Un homme, des cercles et toutes les folies que les combinaisons des deux font naître. Rotations, déhanchés et contorsions, la manipulation devient danse, la danse devient jeu, avec toujours le cerceau au milieu pour arrondir les angles.

Ï comme un trait pour dessiner sa vie surmonté d’un ¨ , un regard singulier sur le monde. Un homme, anguleux, à l’énergie débordante, jongleur manipulateur d’objets, magicien, dompteur de cerceaux, adepte du hula-hoop, mais surtout un corps avec tous ses possibles, engagé, un joueur pour une partie.

Je suis Ï, mais comme « Je est un autre » (Arthur Rimbaud), Je est Ï.

OPIDO (au pays des O), tout objet est un cercle, et ça finit par déteindre sur la pensée et l’action. (ou l’inverse)

Et ÏOPIDO est l’histoire d’une solitude multiple dans un univers de perfection géométrique qui relève le défi de faire face à son supposé destin.

 

Le cercle rend fou et c’est ce qui le rend tentant. Les cerceaux sont une obsession circulaire qui se reproduit, rassure, relie et révèle, fait tortiller du cul, fascine et isole. Une forme narcissique et masturbatoire sur laquelle Je projette le monde.

Des variations autour d’un homme et d’objets cercles. Je comme centre avec  des cercles autour, pour que face à leur pureté abstraite l’imparfaite humanité soit saisissante de vie. La vie de Je est toute en contrastes et sa personnalité est en forme d’oxymores.

 

Le parcours cyclique et ludique d’une solitude ouverte en circuit fermé. Je est confronté à un certain nombre d’épreuves lui posant des problèmes pratiques et néanmoins existentiels. Dans une accumulation outrée de cerceaux qui finissent par ne même plus en être Je se débat alternant hyperactivité et aphasie. Il  finit par ténacité et par hasard par retrouver le fil de sa vie.